L’îlot jardins

Noisy-le-grand, 2018

Le futur éco-quartier de l’île de la Marne se situe dans un environnement exceptionnel : les rives arborées du fleuve d’une part, et le coteau peuplé de maisons et de jardins d’autre part. A quelques kilomètres des portes de Paris ce site est dépaysant et inspirant, c’est un véritable havre à proximité de la métropole. On peut décomposer notre projet en trois entités de nature sensiblement différentes :
• un petit bâtiment collectif d’angle situé au nord, côté parc,
• une série de maisons mitoyennes le long de la pente du coteau,
• des jardins collectifs et individuels

Cette différenciation morphologique tend à répondre à trois situations différentes.

Au nord nous souhaitons «tenir» l’angle et offrir un front bâti au parc dans la continuité des lots voisins qui culminent un peu plus haut, c’est pourquoi la volumétrie de ce bâtiment est plus massive, plus compacte. Nous appelons ce petit immeuble collectif « la Maison de plaisance» ; ce nom fait référence à l’histoire des bords de Marne, aux lieux de villégiature qu’ils ont été et aux villas de styles éclectiques que l’on peut encore admirer le long des berges.
Nous avons souhaité que le dessin de ses façades soit sobre, élégant et maîtrisé en termes de proportions et de matériaux (contraste des essences de bois et variations sur le type de bardage). La conception des fenêtres de la maison, toutes identiques, fait l’objet d’un soin particulier : elles sont généreuses et magnifiées par de grands cadres de bois clair, et offrent de beaux cadrages sur le paysage de la Marne. L’intérêt de cette grande maison réside également dans le fait qu’elle s’adresse au parc par l’intermédiaire d’un hall et d’un escalier situés en façade. Le long de la rue n°3, nous avons cherché à former un ensemble exprimant la diversité demandée et offrant des séquences différentes, ponctuées de percées visuelles vers le coeur de la
parcelle qui abrite une topographie et un paysage originaux.
Les maisons mitoyennes se succèdent, tantôt collectives, tantôt individuelles, revêtues de bardages bois de factures et de teintes différentes. Leurs toits
en pente leur confèrent une silhouette remarquable faisant écho au bâti des alentours, constitué de maisons plus ou moins iconiques ; les toits sont tous ici orientés dans le même sens. Quelques toitures-terrasses végétalisées rompent la régularité de la silhouette et renforcent la présence du végétal.
La forte pente de la rue influe sur la conception des circulations extérieures et des accès aux logement : lorsque l’entrée à niveau n’est pas possible, nous avons imaginé des systèmes d’accès dans les retraits d’alignement.

Le bois – matériau noble et vivant – possède des qualités plastiques et sensibles remarquables. Utilisé structurellement, il imprègne la construction d’une odeur agréable et caractéristique. Ici, nous décidons de l’utiliser aussi largement en façade car toutes les nuances d’aspect que l’on peut obtenir sur des bardages apportent la diversité souhaitée. La proximité de la Marne influence et façonne le projet d’écoquartier. Le risque d’inondation impacte très fortement la conception de l’ensemble immobilier : l’existence d’une « cote casier» en deçà de laquelle il est impossible d’installer de l’habitat est à l’origine de la rupture qui caractérise les niveaux de référence du projet. L’histoire fluviale des environs est riche de références et de culture : elle nous oblige et nous inspire. L’utilisation de différentes nuances de bois en façade évoque tantôt les bois goudronnés (coques de bateaux) tantôt les bois flottés ou de flottage (irrégularités, aspect brut).

 

 

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